Deux articles récents portant sur les acouphènes et l’hyperacousie chez les jeunes ont retenu mon attention.

Par Dre Sylvie Hébert, présidente d'Acouphène Québec

Date: 22 février 2017

Dans le premier article, on fait la synthèse de toutes les études qui ont estimé le nombre d’enfants et d’adolescents touchés par les acouphènes et l’hyperacousie. Puisque l’acouphène est auto-déclaré (la personne atteinte est la seule à pouvoir le rapporter), la question posée est extrêmement importante, surtout chez de jeunes enfants, car il faut pouvoir s’assurer que l’enfant en comprend le sens. En effet, si une définition de l’acouphène peut être assez facilement expliquée à un adulte ou à un adolescent de 17 ans, répondre à une question comme Entends-tu des bruits dans tes oreilles? peut être très abstrait lorsqu’on a trois ans! 

Toujours est-il que c’est entre autres pour cette raison que les chiffres varient d’une étude à l’autre. Néanmoins, on observe que chez les enfants avec audition normale, l’acouphène est présent chez environ 5% (chronique) à 46% (après avoir écouté de la musique forte) d’entre eux. Chez les enfants avec surdité, ces pourcentages sont plutôt situés entre 24% et 62%. Pour l’hyperacousie, environ 3% à 17% des enfants en rapportent.

Dans le deuxième article, on a demandé à 170 adolescents fréquentant une école privée de Sao Paulo (Brésil) de répondre à un questionnaire puis ensuite ces mêmes ados ont été évalués en clinique. Au questionnaire, 55% des adolescents ont rapporté qu’ils avaient déjà expérimenté un acouphène, alors que 29% (presque un tiers des adolescents!) ont rapporté en entendre un au moment du test clinique. Ce qui distinguait les adolescents qui avaient un acouphène de ceux qui n’en avaient pas n’était pas la perte auditive ni les habitudes d’écoute risquées (lesquelles étaient présentes chez presque tous), mais plutôt les seuils d’inconfort qui étaient plus bas d’environ 11 décibels chez les adolescents avec acouphènes. En d’autres mots, les adolescents avec acouphènes avaient également de l’hyperacousie. 

Ces deux articles confirment donc que les acouphènes (et l’hyperacousie) ne sont pas près de disparaître. Il est à noter que les deux articles sont parus à peu près en même temps, ce qui traduit une préoccupation grandissante à l’égard de ces deux troubles auditifs pour lesquels il n’existe pas encore de remède miracle. Alors si vous côtoyez des ados, passez-leur l’information!

Référence: L'Oreille bruyante, volume 27, numéro 4, page 7, juillet 2016